EDITO
Produits structurés : » La valeur se situe dans l’architecture, la sélection et le conseil. «
Dans cette nouvelle Lettre PERSPECTIVES, Maurice JULLIARD, co-gérant du Groupe CIEC et Président du Club Elite Patrimoine Privé, décrypte le boom des produits structurés : bien plus qu’une réponse à la crise, une mutation profonde du conseil patrimonial. À l’heure où l’incertitude domine, l’enjeu ne consiste plus à chercher le produit miracle, mais à maîtriser l’architecture du risque. Une analyse sur la responsabilité réelle du CGP face aux attentes de ses clients.
Produits structurés : » La valeur se situe dans l’architecture, la sélection et le conseil. «
Dans cette nouvelle Lettre PERSPECTIVES, Maurice JULLIARD, co-gérant du Groupe CIEC et Président du Club Elite Patrimoine Privé, décrypte le boom des produits structurés : bien plus qu’une réponse à la crise, une mutation profonde du conseil patrimonial. À l’heure où l’incertitude domine, l’enjeu ne consiste plus à chercher le produit miracle, mais à maîtriser l’architecture du risque. Une analyse sur la responsabilité réelle du CGP face aux attentes de ses clients.
Produits structurés : en 2027, réconcilier, performance et protection ! Les produits structurés ont connu une forte accélération depuis 2021. S’agit-il d’un phénomène conjoncturel ou d’une transformation durable de l’épargne ?
Les chiffres traduisent un véritable changement d’échelle. En France, les ventes de produits structurés sont passées d’environ 23 milliards d’euros en 2021 à près de 70 Mrds en 2025 : un quasi quadruplement en 4 ans, pour un encours supérieur à 200 Mrds d’euros.La tendance est également européenne : + de 330 Mrds d’euros de collecte en 2025, en progression de 27 % sur un an.À l’échelle mondiale, les émissions ont représenté l’an dernier, près de 2,8 fois leur niveau de 2021.Parallèlement, l’assurance-vie française a atteint fin 2025 un encours record de 2 100 Mrds d’euros. Les UC concentrent désormais 40 % des cotisations.Ces chiffres illustrent une évolution plus profonde : l’épargnant ne recherche plus seulement la sécurité ou la performance. Il recherche davantage de lisibilité sur la relation entre les deux.Les premiers chiffres 2026 renforcent cette tendance.Les ventes françaises de structurés dépassent les 25 Mrds d’euros au premier trimestre, en progression de 35 %.L’inquiétude ambiante issue des marchés, de la situation géopolitique mondiale et des tensions économiques en France, a accentué l’intérêt pour cette classe d’actifs !Nous sommes face à une évolution structurelle de l’allocation patrimoniale.
Pourquoi les produits structurés pourraient-ils occuper une place encore plus importante dans les allocations en 2027 ?
Parce qu’ils répondent à une équation devenue centrale : continuer à rechercher de la performance sans exposer indistinctement le patrimoine du client face aux fluctuations des marchés.Très longtemps, l’allocation reposait sur une lecture relativement simple : le fonds en euros pour la sécurité, les obligations pour le rendement, les actions, les OPC et les ETF pour la performance à long terme.Le « structuré » introduit une dimension supplémentaire : la connaissance des scénarios en amont !Il permet de définir en amont, un sous-jacent, une durée, un objectif de rendement conditionnel, différents scénarios de remboursement et des mécanismes de protection partielle ou totale du capital à l’échéance.Sa valeur n’est donc pas d’être systématiquement « meilleur » qu’un fonds en euros, une obligation, une action ou un ETF. Sa singularité est ailleurs : transformer une anticipation de marché en architecture d’investissement, avec des règles connues dès l’origine qui permettent d’intégrer des mécanismes de protection.Dans un environnement toujours plus complexe au plan national comme au plan international, les marchés actions comme les trajectoires de taux restent très liés aux problématiques géopolitiques. Cette classe d’actifs nous offre alors une réelle capacité à construire différents scénarios pensés dans le temps.
Les produits structurés sont-ils la solution idéale pour concilier performance et protection ?
Aucun produit financier ne constitue à lui seul une solution idéale. C’est précisément là que commence la responsabilité du conseil.Un produit structuré comporte des risques que nous essayons de limiter : perte en capital selon la structure et l’évolution du sous-jacent, risque de défaut de l’émetteur, plafonnement des gains, complexité, risque de remboursement anticipé…La sophistication financière n’a de valeur que lorsqu’elle demeure compréhensible, utile et adaptée au client et à ses objectifs. C’est pourquoi je préfère parler d’une nouvelle manière de construire l’allocation plutôt que d’une nouvelle classe d’actifs devenue miraculeuse grâce au contexte.La question du CGP n’est pas : « Quel produit va rapporter le plus ? ». Elle doit être : « Pour ce client, avec cet horizon, cette capacité à supporter une perte et ses objectifs patrimoniaux, quel triptyque rendement/risque/protection devons-nous construire ? ». C’est une différence fondamentale !Warren Buffett résumait parfaitement cette exigence : « Le risque vient de ne pas savoir ce que l’on fait. »Depuis quelques années et plus encore pour 2027, la valeur du CGP ne se situera pas dans la sélection d’un produit même excellent. Elle sera dans sa capacité à comprendre les marchés, sélectionner les bons émetteurs, challenger les offres, diversifier les sous-jacents, mesurer les risques et surtout expliquer clairement au client les scénarios favorables comme défavorables…bref prendre en compte la survenance d’événements potentiels sur le temps long.Notre responsabilité sur le sujet est finalement assez simple : Rechercher la performance bien sûr…sans jamais oublier que le 1er patrimoine à préserver est celui que le client nous a confié. Permettre l’atteinte de ses objectifs, rechercher la performance, construire la protection et préserver la confiance. C’est peut-être cela, la réelle définition de nos activités. Le CGP est par nature, au-dessus du produit. La valeur se situe dans l’architecture, la sélection, le conseil et l’accompagnement dans la durée.
