Sur les produits structurés, la protection du capital redevient un critère central de souscription. Selon la cartographie AMF-ACPR d’avril 2025, la part des produits à protection totale du capital à l’échéance progresse depuis 2021. Deux tiers des produits vendus entre 2021 et 2023 restaient pourtant exposés à une perte en capital en marché défavorable.
En rendez-vous, « garanti » et « protégé » passent encore pour des synonymes. Voici trois axes d’argumentation pour lever cette confusion, hors fiscalité et hors mécanique autocall.
Ce qu’il faut retenir
- Le capital garanti promet 100 % du nominal à l’échéance, la protection peut être partielle ou conditionnelle.
- Garantie ou protection, la promesse ne joue qu’à l’échéance et dépend de la solvabilité de l’émetteur.
- La remontée des taux améliore l’économie des structures à capital garanti.
- L’argument client pertinent porte sur le scénario défavorable, pas sur le coupon.
- Les produits structurés comportent un risque de perte en capital en cas de sortie anticipée.
Capital garanti, capital protégé : deux promesses que le client confond
Ce que recouvre réellement une garantie en capital
Un produit à capital garanti restitue 100 % du nominal à l’échéance, quelle que soit l’évolution du sous-jacent, hors frais de l’enveloppe. Une obligation zéro coupon reconstitue le nominal, une composante optionnelle porte la performance. La promesse repose sur l’engagement contractuel de l’émetteur ou d’un garant désigné.
Protection partielle ou conditionnelle, deux logiques distinctes
La protection partielle fixe un plancher de remboursement, par exemple 90 % du capital. C’est ce seuil que retient le Pôle commun AMF-ACPR pour classer les produits structurés parmi ceux qui protègent le capital à l’échéance. Le client connaît donc sa perte maximale dès la souscription.
La protection conditionnelle ne joue que si le sous-jacent reste au-dessus d’une barrière, fréquemment située entre 50 % et 70 % de son niveau initial. C’est la première source de malentendu : une fois la barrière franchie à la date d’observation, la perte suit la baisse du sous-jacent.
Produits structurés à capital garanti : le retour d’un argument de taux
Le niveau des taux conditionne la faisabilité des produits structurés à capital garanti. Plus les taux montent, moins l’obligation zéro coupon coûte cher, et plus le budget optionnel augmente. En période de taux négatifs, garantie totale et performance attractive étaient difficilement conciliables.
Septembre 2026 rouvre cette fenêtre. La BCE porte sa facilité de dépôt à 2,50 % à compter du 16 septembre, deuxième hausse de l’année après un an à 2,00 %. À titre d’illustration, un zéro coupon hypothétique à 3 % sur huit ans mobilise environ 79 % du nominal, laissant une vingtaine de points de budget optionnel avant frais de structuration.
Le marché a anticipé ce mouvement. Selon la même cartographie, la part des produits structurés classés SRI 1 à 3 est passée de 9 % à 39 %, et la protection totale a concerné plus d’un tiers des émissions en 2023.
Ce que le client gagne, ce qu’il abandonne
La garantie totale se paie en potentiel de gain : participation partielle ou plafonnée, maturité souvent supérieure à six ans, rendement à comparer avec celui d’un fonds euros ou d’un compte à terme sur la même durée. C’est ce coût d’opportunité qu’il faut expliciter au client.
Trois arguments que les produits structurés imposent d’expliquer
Le scénario défavorable est le vrai comparateur
Comparer des produits structurés sur leur seul coupon revient à comparer des risques différents. L’argument pertinent chiffre, pour chaque structure, le remboursement obtenu si le sous-jacent recule de 20 %, 45 % ou 60 % à l’échéance. Un client qui visualise sa perte possible arbitre en connaissance de cause.
L’échéance est la seule date qui engage la formule
Avant le terme, le produit est valorisé au prix de marché, qui dépend de la volatilité, des taux et du spread de crédit de l’émetteur. L’AMF rappelle qu’un rachat anticipé expose à une perte en capital, même avec une formule garantie. En unités de compte, l’assureur ne garantit pas davantage la valeur des supports.
Le risque émetteur ne disparaît jamais
Garantie comme protection dépendent de la solvabilité de l’émetteur, exposé au renflouement interne en cas de résolution bancaire. Notation, diversification des signatures et lecture de l’indicateur SRI ont leur place dans le rapport d’adéquation MIF 2. L’AMF et l’ACPR le rappellent : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le risque de perte en capital peut s’accroître dans un marché moins favorable.
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La distinction entre capital garanti et capital protégé n’a rien de sémantique : elle fixe ce que le client peut perdre, et à quelle condition. Avec la remontée des taux, les produits structurés à capital garanti retrouvent leur place dans les allocations prudentes, à condition d’en assumer le coût d’opportunité. Sélectionner ces solutions à partir du scénario défavorable acceptable exige des conditions de marché à la hauteur. Pour confronter votre approche à celle d’autres professionnels indépendants, discutons ensemble de vos objectifs.
