Le rôle du conseiller en gestion de patrimoine dans les successions internationales

Dans un contexte de mobilité croissante, les familles disposent de plus en plus souvent de biens, de comptes bancaires, d’investissements ou d’héritiers répartis dans plusieurs pays. Cette réalité rend les successions internationales particulièrement complexes. Entre les règles civiles applicables, la fiscalité transfrontalière et les conventions internationales, les enjeux sont tels que l’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine devient essentiel pour sécuriser la transmission et éviter des litiges parfois longs et coûteux. Son rôle dépasse la simple planification financière : il devient un véritable chef d’orchestre pour coordonner les aspects juridiques, fiscaux et patrimoniaux entre plusieurs juridictions.

Comprendre les enjeux d’une succession internationale

Une succession internationale intervient dès qu’un élément de la transmission dépasse les frontières nationales : résidence du défunt, localisation des héritiers, biens situés à l’étranger, investissements transfrontaliers ou patrimoine immobilier réparti dans plusieurs pays. Dans ce contexte, les règles applicables varient considérablement :

  • Certaines juridictions appliquent la loi du dernier domicile.
  • D’autres privilégient la loi nationale du défunt.
  • Certains pays imposent des droits de succession même pour des héritiers non-résidents.

Ce réseau de règles potentiellement contradictoires crée un terrain propice aux erreurs, aux contestations et à la double imposition fiscale. C’est précisément là que l’expertise du conseiller en gestion de patrimoine prend toute sa valeur.

Le rôle du conseiller en gestion de patrimoine : anticiper pour réduire les risques

La mission du conseiller en gestion de patrimoine ne se limite pas à gérer la succession au moment du décès, bien au contraire. Une grande partie de son travail consiste à anticiper, structurer et optimiser la transmission. Pour cela, il accompagne le client sur plusieurs axes stratégiques.

Identifier les juridictions concernées et leurs règles successorales

Chaque pays possède sa propre législation civile et fiscale. Le conseiller doit donc :

  • cartographier le patrimoine du client ;
  • identifier les lois applicables selon les lieux de résidence et de situation des biens ;
  • analyser les risques de conflit de lois ou de double imposition ;
  • vérifier la présence (ou l’absence) de conventions fiscales bilatérales.

Cette analyse permet d’orienter le client vers des solutions cohérentes et conformes aux réglementations internationales.

Accompagner le recours au Règlement européen sur les successions

En Europe, le Règlement (UE) n°650/2012 permet de désigner la loi applicable à sa succession (souvent la loi du pays de résidence). Le conseiller en gestion de patrimoine aide à comprendre l’impact de cette option et à structurer les actes qui en découlent.

Proposer des outils de transmission adaptés

En fonction de la situation du client, plusieurs leviers peuvent être envisagés :

  • donations anticipées,
  • démembrement de propriété,
  • création de sociétés civiles,
  • pactes successoraux,
  • clauses bénéficiaires optimisées,
  • solutions d’assurance-vie adaptées à la mobilité internationale.

L’objectif est d’éviter les blocages, réduire les délais, protéger certains héritiers ou optimiser la facture fiscale.

Coordonner les experts : un rôle central dans un écosystème international

Lorsque plusieurs pays sont impliqués, la succession mobilise souvent des avocats, notaires, fiscalistes ou trustees étrangers. Le conseiller en gestion de patrimoine agit comme un pivot stratégique entre ces professionnels.

Assurer la cohérence entre les aspects civils, fiscaux et patrimoniaux

Un acte valide dans un pays peut être inopérant, voire contre-productif dans un autre. Le conseiller veille donc à ce que :

  • les stratégies mises en place soient compatibles entre elles,
  • les documents soient reconnus dans les différentes juridictions,
  • la fiscalité soit optimisée globalement et non pays par pays,
  • les objectifs familiaux soient respectés à l’échelle internationale.

Faciliter la communication entre les parties prenantes

Le conseiller coordonne les échanges, centralise l’information et assure le suivi global du dossier. Cette fonction évite les incohérences et garantit une exécution fluide de la stratégie successorale.

Accompagner les héritiers : un enjeu humain et financier

Au moment du règlement de la succession, le rôle du conseiller reste déterminant. Il aide les héritiers à :

  • comprendre leurs droits et obligations dans chaque pays ;
  • évaluer les conséquences fiscales de leurs choix (conserver un bien, le vendre, le rapatrier) ;
  • optimiser la liquidation des actifs internationaux ;
  • éviter des erreurs pouvant entraîner une fiscalité punitive ou un blocage administratif.

Il devient également un soutien humain précieux dans un moment émotionnellement délicat, en apportant clarté, structure et accompagnement.

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La complexité des successions internationales exige une expertise pointue, une méthodologie rigoureuse et une coordination efficace entre plusieurs juridictions. Dans ce contexte, le conseiller en gestion de patrimoine joue un rôle clé : il sécurise la transmission, protège les héritiers, optimise la fiscalité et garantit la cohérence globale de la stratégie patrimoniale. Anticiper avec un professionnel expérimenté est aujourd’hui indispensable pour éviter les conflits, la double imposition ou les blocages administratifs, et assurer une transmission fluide et conforme à la volonté du défunt.